Miles Davis

Miles Davis est ce génie incontesté, super star du jazz, dont le nom a traversé les générations. Tous les plus grands musiciens de jazz des années 40 à 80 ont travaillé au moins une fois dans leur vie avec lui.

La naissance d’une légende

Né dans l’Illinois en 1926, le jeune Miles Dewey Davis III se met à la trompette, à l’âge de 13 ans. Venant d’une famille relativement aisée, il ne connaît pas les mêmes préoccupations que les Afro-Américains de l’époque. Il partage les bancs d’école avec des camarades blancs et enchaîne les bonnes écoles de musique. Particulièrement encouragé par l’un de ses professeurs de trompette, il acquiert une technique incroyable. À 16 ans, il rencontre sa femme qui le pousse à faire découvrir son talent. Il se présente dans de nombreuses salles pour y présenter des jam sessions.

Alors qu’il hésitait entre la Faculté de dentisterie, pour faire comme son père, et la musique, il choisit finalement de rejoindre Julliard et se spécialise dans le bebop. Il commence à se faire un nom dans les salles, et va même accompagner Billie Holiday sur scène. Il fait son entrée dans la cour des grands, quand il remplace Dizzy Gillespie dans le quintet de Charlie Parker en 1945. Il côtoie des musiciens aux comportements erratiques, provoqués par la drogue et finit par y plonger lui aussi, entre deux reformations de groupes, qui vont et viennent en fonction des membres présents ou malades.

Il découvre Paris, les grands penseurs, poètes musiciens qui composent cette élite française, parmi lesquels Boris Vian ou Jean-Paul Sartre. Sans oublier Juliette Gréco dont il va tomber éperdument amoureux. Aussi, en France il se sent mieux qu’aux États-Unis, où il trouve les persécutions raciales insupportables à vivre.

Les années sombres de Miles Davis

Héroïne, cocaïne, il replonge totalement dès son retour à New York, où il ressent un mal-être depuis qu’il a quitté Paris. Il traverse une période sombre durant laquelle il a de gros problèmes d’argent et avec la police. Musicalement parlant, on entre dans la troisième vague du jazz. La première était le bebop, la seconde est le cool jazz, et la troisième est le hard bop. Ce mouvement est influencé par le rhythm and blues et l’arrivée du 33 tours, qui permet de créer des morceaux beaucoup plus longs.

En 1955, Miles Davis forme son premier grand quintet avec les futures autres stars du jazz, John Coltrane et Paul Chambers, notamment. En 1957, Miles Davis devient une star en France grâce à la sortie du film Ascenseur pour l’échafaud dont sa musique a été sélectionnée pour la bande originale. Cette période est remarquée pour ses succès et en particulier pour l’enregistrement de ce qui est considéré comme le meilleur album de jazz de tous les temps, Kind of Blue. Cet album a été enregistré en deux sessions non répétées, laissant libre cours à l’improvisation.

Un musicien qui vit avec son temps

Une fois de plus, en 1970, Miles Davis arrive à s’adapter aux nouvelles tendances musicales. Il va inclure des effets sonores, des thèmes à répétitions, rendus possibles par les avancées technologiques des studios, dans son album Bitches Brew. Dans les années 80, après une décennie plus discrète, il sort de nouveaux albums de jazz fusion, aux sonorités très funk.

Jusqu’à la fin de sa vie il adaptait sa musique, ses influences, en fonction des époques. Il s’est notamment intéressé au hip hop, dans les années 90. Décédé en 1991, Miles Davis est un symbole pour toute la culture afro-américaine. Il est considéré comme la deuxième super star noire après Louis Armstrong, bénéficiant d’une popularité exceptionnelle même parmi la classe américaine blanche puritaine d’autrefois.

Miles Davis