10 albums de jazz que je vous conseille

Les années 40 à 70 sont considérées comme les meilleures périodes du jazz. Je vous propose quelques albums à écouter ou réécouter si vous souhaitez découvrir les meilleurs morceaux de jazz et les grands classiques du jazz moderne.

Jazz

1. Miles Davis – Kind of Blue

Le roi des rois du jazz est sans conteste Miles Davis et ce n’est pas pour rien que Kind of Blue est la meilleure vente du musicien. C’est aussi parce qu’il s’agit de l’album considéré par la plupart des mélomanes comme le meilleur album de jazz de tous les temps. Cet album a été enregistré lors de deux sessions non répétées de Miles Davis et du groupe qu’il avait composé. John Coltrane, Julian Cannonball Adderley, Bill Evans, Wynton Kelly, Paul Chambers et Jimmy Comb sont les autres musiciens présents sur cet album. Il est parfait pour laisser place à l’imagination, la rêverie, comme le souhaitait le trompettiste. L’atmosphère particulière de l’album est due à la grande part d’improvisation et au style bebop qui imprègne les titres.

2. John Coltrane – A Love Supreme

À une époque où John Coltrane vendait environ 30 000 exemplaires de ces vinyles, A Love Supreme a quant à lui été vendu à 500 000 exemplaires de 1965 à 1970. L’album, originellement en quatre parties, a été classé à la 47e place du classement des 500 Meilleurs albums de tous les temps par le magazine Rolling Stone. Le son post-Miles Davis de Coltrane est plus complexe et plus dense. Sa musique est passionnée, triomphante, parfois heureuse, parfois triste.

3. Dave Brubeck – Time Out

L’album Time Out de Dave Brubeck comprend des morceaux devenus célèbres même pour les oreilles d’un non-initié au jazz. Take Five est certainement le morceau le plus connu de cet album mais aussi de l’artiste. Ce morceau en 5 temps est très particulier, avec un très long solo de batterie. L’album puise ses sonorités dans les musiques traditionnelles d’Europe de l’Est, de Grèce ou reprend des thèmes de la valse. Cet album est le premier album de jazz à avoir dépassé le million de copies dans le monde.

4. Duke Ellington – Ellington at Newport

Enregistré en 1956, cet album live de Duke Ellington a relancé sa carrière. L’enregistrement a eu lieu au Newport Jazz Festival. À cause de l’avènement du rock and roll, le jazz était en réelle perte de vitesse et la carrière de Duke Ellington plongeait. Lors de ce concert tardif, l’ambiance n’était pas non plus au rendez-vous. Mais alors qu’il était minuit passé, il a appelé sur scène Paul Gonsalves, saxophoniste de génie, qui a interprété un vieux morceau, Diminuendo in Blue and Crescendo in Blue. Le public va se réveiller et il est pris d’une hystérie ambiante lors de l’écoute de ce morceau. Tout le monde se lève et des débordements ont lieu, tellement la foule réagit au son de la musique. Lorsque le concert est rejoué en studio pour l’enregistrement, jamais plus le résultat de la prestation ne sera obtenue. C’est donc la version live au Newport Jazz Festival qui sera conservée, avec applaudissements et bruits de la foule.

5. Louis Armstrong – The Best of the Hot 5 & Hot 7 Recordings

Comment peut-on passer à côté de Louis Armstrong si on s’intéresse au jazz ? Son œuvre est tellement magistrale, qu’il est peut-être préférable de partager directement les références de ces deux compilations. Elles reprennent les plus grands classiques du jazzman à ses débuts. Bien avant tous les autres mentionnés précédemment, Louis Armstrong a montré la voie à tous les plus grands jazzmen dès les années 20. Cet album se veut joyeux, parfois un peu simpliste, mais en plus d’écouter de la musique, on écoute un morceau d’histoire.

6. Charles Mingus – Mingus Ah Um

Sorti en 1959, cet album de 12 pistes est un des plus importants de ce militant antiraciste, Charles Mingus. D’un style plus bebop, les morceaux swinguent et les arrangements sont colorés. Plusieurs de ses morceaux racontent une histoire et prennent même des positions politiques. Par exemple, Fables of Faubus est un morceau qui critique l’ancien gouverneur de l’Arkansas qui était contre l’intégration raciale dans les écoles.

7. Miles Davis – Bitches Brew

Après Kind of Blue, Bitches Brew est donc le deuxième meilleur album de Miles Davis, en termes de vente. Cet album est pourtant très différent. Sorti début des années 70, la technologie a évolué. Lors des enregistrements en studio des effets sonores sont ajoutés et des loops sont enregistrés et répétés. Longtemps il y a eu un débat pour savoir s’il s’agissait juste d’un album expérimental ou d’un chef d’œuvre, mais les chiffres de ventes parlent d’eux-mêmes.

8.Hank Mobley – Soul Station

Cet album est très certainement le meilleur du saxophoniste de génie qu’est Hank Mobley. Le son chaleureux de son saxo ténor ne peut qu’être sublimé par la présence de Wynton Kelly, Paul Chambers et Art Blakey.

9. Herbie Hancock – Maiden Voyage

Herbie Hancock et Miles Davies ont beaucoup de choses en commun, notamment le fait qu’ils faisaient appel aux mêmes groupes, à l’un ou l’autre membre près. Ce jazz post bop a quelque chose de planant, intemporel, qui fait référence au voyage. Le titre éponyme, qui est le premier morceau de l’album est également devenu une référence du jazz. Herbie Hancock n’a que 25 ans quand il a composé ce chef d’œuvre, alors qu’il s’agit déjà de son cinquième album. Tous les morceaux sont liés les uns aux autres dans ce qu’on peut qualifier être un album-concept.

10. Sonny Rollins – Saxophone Colossus

Enregistré en 1956, cet album du saxophoniste Sonny Rollins est tellement mythique, qu’il a été inscrit par le National Recording Registry comme une œuvre « culturelle, historique ou artistiquement significative ». La face A compte 3 morceaux et la face B en compte deux de plus de 10 minutes. Humour, beauté et délicatesse peuvent être ressentis lors de l’écoute de ces morceaux.