L’histoire du jazz

Le jazz est un courant musical provenant de Louisiane, qui s’est formé sur base des chants gospels connus de la population noire qui vivait dans cet État et du blues qui existait déjà au 19e siècle. En plus des chants religieux, les esclaves entonnaient aussi des chants de travail, dans les plantations de coton. En parallèle, la guerre civile, puis la Première Guerre mondiale ont joué un rôle non négligeable dans le métissage de la musique et ont participé à l’avènement du jazz. Les marches militaires, ainsi que le surplus d’instruments militaires (surtout des cuivres, des instruments à anches et des percussions) ont influencé la musique de l’époque.

saxophone de jazz

Les origines profondes du jazz

La ségrégation interdisait aux noirs de se mélanger avec la population et des formations musicales réservées aux personnes de couleur ont vu le jour, florissant un peu partout, jusqu’à ce que leur musique soit même partagée par un public blanc. Mais l’apparition officielle du jazz date de 1917, avec la sortie du disque de Original Dixieland Jass Band, Livery Stable Blues. L’invention du phonographe a permis de faire connaître cette musique, dont Louis Armstrong va vite en devenir la figure phare. C’est lui qui va influencer le jazz de la première génération, alors qu’avant lui, on considère plutôt que les balbutiements du jazz étaient encore du ragtime. Louis Armstrong joue avec des jazz bands de la Nouvelle-Orléans, qui avaient pour particularité que tous les musiciens improvisaient en même temps. Puis, peu à peu, ils se sont mis à improviser chacun à leur tour, laissant place à des solos d’improvisation, tels qu’on les connaît dans le jazz.

Les différentes périodes du jazz

Le jazz a connu différents courants, différentes influences et plusieurs générations. L’un et l’autre courants musicaux s’influencent mutuellement. En ce qui concerne le jazz, son évolution va de pair avec l’évolution du blues, dont il tire son inspiration et dont il a toujours été proche. Le blues existait avant 1900, date à laquelle est né le ragtime, considéré comme la forme primitive du jazz. Le blues s’est ensuite imprégné de folk dans la première décennie du 20e siècle. Durant la période du classic blues, de 1920 à 1935, le jazz en est au swing, puis au bebop, dès 1940, alors que le blues est devenu le rhythm and blues. Le jazz devient le cool jazz et le hard bop, jusqu’à ce que le blues laisse place à la soul. Dans les années 70, la soul devient le funk et le jazz devient mainstream et sort de la période du modern jazz. Les formes actuelles du jazz sont souvent considérées comme avant-gardistes ou expérimentales.

  • Traditional Jazz : du ragtime au swing

Après le ragtime des premiers clubs noirs et la sortie du premier disque de jazz, Louis Armstrong a fait son apparition avec ses jazz bands de la Nouvelle-Orléans. Son influence est telle que le jazz des années 1910 est appelé le Jazz New Orleans. L’influence des musiciens de Chicago a permis d’arriver vers une nouvelle forme de jazz extrêmement célèbre, le swing.

1920, le swing et les big bands voient le jour, c’est ce qu’on appelle le middle jazz. Avec la prohibition, les bars clandestins s’ouvrent un peu partout et plusieurs styles musicaux se côtoient. C’est dans ce mélange de styles qu’est né l’orchestre de Duke Ellington, au Cotton Club. Les années 30 sont alors les années incontestées du swing, qui devient extrêmement populaire, en même temps que l’adoucissement progressif de la ségrégation raciale, qui permet même à des artistes noirs de devenir des stars. Dans les années 40, le jazz, le rhythm and blues et le rock’n’roll fusionnent pour laisser place à un style musical particulier mais qui eut son succès, le boogie-woogie.

  • Modern Jazz : bebop, cool jazz, hard bop, free jazz et mainstream

La Seconde Guerre mondiale marque une cassure nette dans le jazz et dans bon nombre de courants musicaux et même artistiques. Au lendemain de la guerre, les musiciens noirs sortent de leurs big bands et une forme plus libérée du jazz fait son apparition. Cette période qui durera jusque dans les années 80 est celle du modern jazz.

La nouvelle génération de jazz après le swing est le bebop. Bien que le bebop ait une danse particulière qui lui est associée, ce n’est pas une musique faite pour danser, comparé à ce qu’était le swing. Cette époque est celle de Charlie Parker qui impose son saxophone et des mélodies cadencées audacieuses. Le soliste joue une mélodie spontanée, parfois hors de la mesure. Depuis le bebop, on gardera cette spécificité qui colle encore au jazz aujourd’hui, qui est l’enchaînement de séquences rapides et complexes, même parfois troublantes harmoniquement pour l’oreille. Comme Charlie Parker est le saxophoniste incontesté du bebop, c’est Dixie Gillespie qui en est la star avec sa trompette.

Miles Davis, débarque dans les années 50, lui-même disciple de Charlie Parker. Néanmoins, il marque quant à lui l’arrivée d’une nouvelle génération, le cool jazz. Comme son nom l’indique, sa forme est plus mélodieuse, apaisée et moins tortueuse. En 1959, il sort Kind of Blue, un album qui va marquer l’histoire du jazz et de la musique en général, puisque il est considéré comme l’un des meilleurs albums de jazz de tous les temps. Certains musicologues le classent même parmi les meilleurs albums de musique tout simplement. A noter qu’il existe de nombreuses compilations de Jazz qui vous permettront de découvrir cet univers en douceur, une bonne idée de cadeau pour noël !

Fin des années 50, le hard-bop, une version modernisée et plus accessible du bebop fait son apparition, ainsi que ce qu’on appelle le free jazz. Cette forme de jazz avant-gardiste est plutôt expérimentale. Parmi ses adeptes, il y a le célèbre contrebassiste Charles Mingus.

Le jazz de nos jours

Les formes de jazz classique et moderne telles qu’on les connaissait à l’époque vont disparaître avec le jazz fusion et les multiples influences musicales et technologiques. Par exemple, les musiques latines, comme la samba et la bossa nova se mélangeront parfaitement au jazz, mais créeront des formes qui en sont tellement éloignées qu’elles n’en portent même plus le nom. Le jazz fusion, quant à lui est un mélange de rock’n’roll. A noter également du côté de la fusion des artistes comme Alain Caron, dont le jazz funk est électrisant :

Finalement, l’acid jazz est un jazz qui inclut de l’électronique et le smooth jazz est une version de jazz extrêmement sirupeuse, que les mélomanes dénigrent et considèrent comme de la musique d’ascenseur ou de supermarché. Les formes actuelles de jazz sont appelées future jazz ou nu jazz. Elles incluent des instruments électroniques et des sonorités modernes. Parov Stelar est un groupe célèbre actuel qui produit des morceaux d’électro-swing.

A noter que le jazz a retrouvé des couleurs ces dernières années avec le renouveau du disque vinyle : il est de notoriété publique que le jazz, tout comme la musique classique, ont une saveur toute particulière lorsqu’ils sont lus sur une platine vinyle. En effet, le format analogique inhérent au disque vinyle permettrait selon les spécialiste de mieux faire vivre la musique et donc de procurer de plus grandes émotions. Si celà vous tente, pourquoi ne pas vous lancer dans le vinyle ? Voici quelques conseils pour débuter ainsi qu’un très bon comparatif des meilleures platines vinyle.